Le marché français de la construction impose un niveau d’exigence généralement supérieur à la moyenne européenne en matière de données environnementales produits. La réglementation environnementale RE2020, en vigueur depuis janvier 2022, repose sur des calculs d’empreinte carbone bâtiment intégrant des données issues de la base INIES. Dans ce cadre, la FDES constitue la référence pour les produits de construction, tandis que les EPD restent indispensables pour une visibilité européenne et internationale.
Cette double logique — nationale et européenne — crée une complexité réelle pour les industriels. Elle spécificité a plusieurs conséquences concrètes :
- une EPD seule ne permet généralement pas l’accès au marché réglementé français,
- les exigences méthodologiques incluent des éléments absents des EPD européennes,
- la vérification s’inscrit dans un cadre national avec ses propres pratiques et contraintes de capacité.
Comprendre ce que recouvrent réellement une FDES et une EPD, en termes de travail, de coûts et de délais, est devenu un prérequis pour sécuriser l’accès au marché.
FDES et EPD : une base commune, des exigences différentes
FDES et EPD reposent toutes deux sur la norme EN 15804+A2 et sur une analyse du cycle de vie complète et documentée. Toutefois, leur finalité et leur périmètre diffèrent.
La FDES est une déclaration environnementale et sanitaire spécifique au contexte français. Elle intègre :
- les exigences du complément national français EN 15804/CN:2022,
- des indicateurs sanitaires et de confort absents des EPD,
- une publication dans la base INIES, indispensable pour la prescription dans les projets RE2020.
L’EPD, quant à elle, vise une reconnaissance plus large, via des programmes opérateurs souvent interconnectés à l’échelle européenne (par exemple via ECO Platform). Elle ne couvre pas toutes les exigences sanitaires françaises, mais offre une meilleure comparabilité transnationale.
Dans la pratique, une EPD seule est rarement suffisante pour le marché français. À l’inverse, une FDES sans EPD limite fortement la visibilité hors de France.
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Les éléments inclus dans le coût d’une déclaration
Contrairement à une idée répandue, le budget d’une FDES ou d’une EPD ne correspond pas uniquement au calcul ACV. Il s’agit d’un processus structuré, encadré par des normes et des exigences de vérification.
Ces postes sont systématiquement présents :
- Structuration des données et modélisation ACV : nomenclatures produits, consommations énergétiques, rendements, pertes, scénarios de fin de vie, rédaction conforme aux PCR et normes applicables. Les produits multi-matériaux ou fortement configurables amplifient rapidement cette charge.
- Rédaction et mise en conformité du document : la rédaction ne consiste pas à « mettre en forme » une ACV. Elle implique de traduire le modèle dans un cadre normatif strict, avec une justification explicite des hypothèses et des choix méthodologiques.
- Vérification par un tiers indépendant : étape obligatoire, souvent sous-estimée en termes de charge et de délais.
- Dépôt et publication : frais de programme opérateur et intégration dans les bases officielles (INIES, ECO Platform, etc.).
Les écarts de coût entre projets s’expliquent rarement principalement par l’outil utilisé. Ils dépendent principalement de la complexité produit, du nombre de variantes, et de la qualité des données industrielles disponibles.
Internaliser ou externaliser : des choix structurants
Externalisation : souvent privilégiée pour les premières déclarations
Pour la majorité des industriels, l’externalisation constitue aujourd’hui l’approche la plus efficace lors des premières FDES ou EPD. La maîtrise des normes, l’anticipation des points de vérification et la gestion des échanges avec les vérificateurs demandent une expérience spécifique.
Externaliser permet surtout de réduire le risque de retours correctifs coûteux — à condition que le cadrage initial soit rigoureux et que les données soient disponibles.
Internalisation : un objectif à moyen terme
L’internalisation peut devient pertinente lorsque :
- les équipes sont formées à l’ACV produit,
- les données industrielles sont structurées et traçables,
- le volume de produits à traiter justifie l’investissement.
Même dans ce cas, la vérification tierce partie reste incontournable et constitue souvent le principal facteur de délai. En pratique, de nombreux acteurs adoptent une approche hybride — accompagnement externe au démarrage, puis montée en compétence progressive en interne — afin de sécuriser les premières déclarations tout en construisant une tout en construisant une autonomie durable sur les sujets ACV et déclaratifs.
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La vérification tierce partie : principal facteur de tension
Depuis deux ans, la demande de vérification FDES et EPD a fortement augmenté, sous l’effet combiné de la RE2020 et de la montée en puissance des exigences européennes. Le nombre de vérificateurs agréés, lui, n’a pas progressé au même rythme.
Résultat : les agendas sont souvent saturés, et les délais de vérification s’allongent — parfois indépendamment de la qualité technique du dossier.
FDES versus EPD : des délais différents
Dans les conditions actuelles du marché :
- les FDES prennent plus de temps à faire vérifier, en raison des exigences nationales et de la forte pression sur le système INIES,
- les EPD sont généralement plus rapides, portées par des procédures plus homogènes et une organisation plus internationale.
Cette différence explique en partie pourquoi certains industriels choisissent de commencer par une EPD, avant d’adapter leur stratégie au marché français.
Délais réels observés aujourd’hui
Les plannings théoriques sont rarement tenus. Une approche réaliste consiste à raisonner en séquences cumulées :
- Collecte des données : plusieurs semaines à plusieurs mois selon l’organisation interne.
- ACV et rédaction : en moyenne 3 à 6 semaines.
- Vérification tierce partie :
- FDES : jusqu’à 3 à 6 mois, incluant l’attente de disponibilité des vérificateurs.
- EPD : plus rapide, mais rarement en dessous de 1 à 2 mois.
- Publication : quelques semaines supplémentaires après validation.
En pratique, un projet complet dépasse souvent les plannings initiaux. Pour une FDES, une durée totale de 4 à 8 mois est désormais courante.
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Ordres de grandeur budgétaires
Les montants ci-dessous incluent l’ACV, la rédaction, la vérification et la publication.
*Les chiffres ci-dessous sont basés sur des retours du marché, notamment d’Eco Impact, et sont présentés à titre d’exemple et à titre indicatif.
FDES — produits de construction
- Produit simple (ex. plan de travail homogène) : 6 000 à 11 000 € HT
- Produit complexe (ex. panneau acoustique multi-matériaux) : 11 000 à 20 000 € HT
EPD — produits de mobilier
À périmètre équivalent, une EPD coûte en moyenne environ 30 % de moins qu’une FDES.
- Produit simple (ex. bureau) : 4 000 à 8 000 € HT, hors frais de programme.
- Produit complexe (ex. siège opérateur) : 9 000 à 17 000 € HT, hors frais de programme.
Les frais de dépôt restent modestes, mais doivent être anticipés — notamment lorsqu’une stratégie par familles de produits ou configurateurs est envisagée.
À périmètre équivalent, une EPD reste en moyenne moins coûteuse qu’une FDES, en raison de procédures plus standardisées et de délais de vérification généralement plus courts. Cette différence explique certaines stratégies consistant à démarrer par une EPD avant d’aborder le cadre français.
Pourquoi les écarts entre projets sont si importants
Les variations de coûts et de délais ne sont pas arbitraires. Elles reflètent :
- la disponibilité réelle des données,
- le nombre de variantes produit,
- la clarté de la stratégie de déclaration,
- et surtout le timing d’entrée en vérification.
Un dossier techniquement prêt, mais mal synchronisé avec les disponibilités des vérificateurs, peut subir plusieurs mois de retard.
Structurer une stratégie adaptée au marché français
Pour sécuriser l’accès au marché français tout en conservant une portée européenne, une stratégie efficace repose sur :
- une modélisation cohérente et réutilisable,
- une anticipation forte de la vérification,
- et une articulation claire entre FDES pour INIES et EPD pour l’Europe.
Dans un contexte où la RE2020 place la France en avance sur le reste de l’Europe en matière d’exigences carbone bâtiment, les industriels capables d’anticiper ces contraintes disposent d’un avantage concret — non seulement en termes de communication, mais surtout sur les plans opérationnel et prescriptif.
En résumé, la production d’une FDES ou d’une EPD sur le marché français engage des ressources internes, une organisation des données industrielles et une anticipation des contraintes de vérification qui conditionnent directement les délais de mise sur le marché. Dans le contexte de la RE2020 et de l’utilisation systématique de la base INIES, la FDES s’impose comme un passage obligatoire pour les produits de construction en France, tandis que l’EPD reste un levier de cohérence et de diffusion à l’échelle européenne. Les industriels doivent ainsi raisonner en termes de séquencement, de priorisation et de capacité interne, en intégrant des horizons de temps et de coûts réalistes. Une approche structurée, appuyée sur des données fiables et une planification alignée avec les contraintes du marché, permet de sécuriser à la fois la conformité réglementaire et la visibilité des produits dans un environnement de plus en plus exigeant en matière de performance environnementale.
FAQ : Réussir sa stratégie FDES/EPD en France
1. Une EPD suffit-elle pour le marché français ?
Non. Une EPD seule ne permet pas l’accès réglementaire RE2020. Une FDES publiée dans INIES est requise. One Click LCA permet d’adapter une base EPD vers une FDES conforme.
2. Quelle est la différence principale entre FDES et EPD ?
La FDES inclut des exigences sanitaires et nationales françaises absentes des EPD. One Click LCA aide à gérer ces différences méthodologiques dans un seul flux ACV.
3. Combien de temps faut-il pour obtenir une FDES ?
En pratique, 4 à 8 mois. Le principal délai vient de la vérification. One Click LCA facilite la préparation pour réduire les allers-retours avec les vérificateurs.
4. Pourquoi les délais de vérification sont-ils si longs ?
Le nombre de vérificateurs est limité face à la demande RE2020. One Click LCA permet d’anticiper et structurer les dossiers pour passer plus rapidement en revue.
5. Combien coûte une FDES ou une EPD ?
FDES : ~6k à 20k€. EPD : ~30% moins cher. Les coûts dépendent surtout des données et de la complexité. One Click LCA réduit les coûts en automatisant l’ACV.
6. Peut-on internaliser la production d’EPD/FDES ?
Oui, avec des données structurées et des équipes formées. One Click LCA est conçu pour internaliser progressivement tout en restant conforme aux normes.
7. Faut-il commencer par une EPD ou une FDES ?
Souvent une EPD d’abord pour aller plus vite, puis une FDES pour la France. One Click LCA permet de réutiliser les modèles pour éviter de repartir de zéro.
8. Quels sont les principaux facteurs de coût ?
Complexité produit, nombre de variantes et qualité des données. One Click LCA aide à standardiser les données pour limiter les surcoûts.
9. Comment réduire les risques de retard ?
Anticiper la vérification et structurer les données dès le départ. One Click LCA intègre des workflows alignés avec les exigences des vérificateurs.
10. Pourquoi investir dans une stratégie EPD et FDES ?
FDES pour conformité RE2020, EPD pour visibilité européenne. One Click LCA permet de gérer les deux efficacement dans une approche cohérente.
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